Ne vous est-il jamais arrivé de vous dire qu'à cet instant précis vous seriez prêt(e) à mourir ? Car vous venez de connaître cette impression d'accomplissement et de joie intense ? Des sentiments si forts que vous voyez que vos pieds ne touchent plus le sol et que vos mains pourraient décrocher les étoiles. Ce phénomène, je l'ai vécu 2 fois dans ma vie et je vais essayer de vous les raconter...

Préambule : Joe est en troisième année à la faculté de Paris. Il a pour Directeur d'étude un personnage fascinant, passionné par les mythologies. Ce prof enseigne une matière quelque peu atypique qui s'intitule "Culture Générale", et comme à son habitude, il pose les questions difficiles à Joe car il estime que ce jeune homme de 21 ans, "qui est loin d'avoir les pieds sur terre", je cite, lui ressemble énormément quand il avait son âge.

Sujet du jour : "Réaliser un exposé sur une mythologie grecque ; et pour vous, Joe, ce sera Narcisse !" (J'avoue que sur le coup, je ne savais pas si c'était une faveur ou bien un moyen de faire ricaner sur mon dos, tout l'amphithéâtre de la faculté, mais bon passons...). Le jour J arriva et après une étude plus qu'appronfondie sur mon sujet imposé, j'étais enfin prêt à passer à l'action.

L'exposé se déroula parfaitement dans les moindres détails. Il faut dire que j'ai plutôt l'habitude de prendre la parole en public et ça se sent, me dit-on assez souvent. A la fin de la journée quand j'aborde les conclusions de mon travail, mon prof se leva et me dit d'un air innocent : Joe, on sent que vous avez tenu le sujet sur Narcisse très à coeur, pouvez-vous nous en dire plus sur vous-même ?, je cite toujours... Et là, KO total. C'est l'anarchie : Ricanement et pouf de tout l'amphithéâtre, j'ai cru que les garçons du dernier étage allaient se pisser dessus et les filles du premier rang, tellement sages d'habitude, allaient tomber de leurs chaises... Imaginez-vous alors ma colère, quand vous pensez que votre travail n'a été qu'un prétexte pour que tout le monde se paye votre tête...

Je reprie alors le micro dans mes mains, levai les yeux vers les élèves et me mis à chanter quelques phrases. Subitement, le silence était revenu, le doux écho de la salle retentit à nouveau et on arrivait presque à entendre le craquement du vieux plancher. Deux minutes interminables passèrent et je sentis une tristesse inexprimable dans les yeux des étudiants, presque au bord des larmes et en me faisaient signe de me retourner. Mon prof et Directeur d'étude était en train pleuré...